Publié en 1760 et longtemps ignoré, "Giphantie" de Charles Tiphaigne est un roman d'anticipation qui décrivait avant l’heure notre monde connecté et surveillé.
Regarde cette femme avec son t-shirt siglé I love NY, tête nue et cigarette à la main. On est à Téhéran. C'est un peu surprenant comme cliché non ?
1 mois disparaît de la mémoire collective.
Tout en désincarcérant le futur (dans Susto, Few of Us et, en perpétuelle collectivité, avec ses camarades de Zanzibar), luvan, dans Agrapha, regarde le passé dans les yeux. Ouvre à la machette les sentiers oubliés. Et nous invite à la suivre dans les ronces. Agrapha réforme, demi-ton par demi-ton, la narration sexiste, nationaliste, spéciste et capitaliste qui adhère au moyen âge depuis le XIXème siècle. Nous offre, par la minutie de son auscultation historique, la capacité et le désir de faire, à l’avenir, ce fameux pas de côté.
Et les suivants.
Roman à mettre en relation avec la création radiophonique de Phaune Radio ::
https://phauneradio.bandcamp.com/album/agraphon
Ahhh, ce Napoléon Trois, une sorte de personne autrois ou quatre personne en fait.
Née en 1924, la petite Madeleine Riffaud perd son innocence au début de la Seconde Guerre mondiale. Mais qu'importe, elle est de ce bois qui ne rompt pas et entre dans la Résistance. La guerre terminée, elle devient grand reporter, croise Vercors, Picasso, Hô Chi Minh... Invitée par le scénariste Jean-David Morvan, Madeleine lui restitue aujourd'hui ce parcours atypique, remontant le fleuve d'un vingtième siècle accidenté et chargé d'émotions...
[...] elle passe de la prose à la poésie comme on saute un portique de métro, se glisse dans l’interstice entre le féminisme et les blagues de beauf, dit ta gueule comme on dit bonjour, et, en toute situation et devant tout ennemi, refuse de se laisser humilier.
Rien que cette courte présentation me donne envie ...
Plutôt qu’une automatisation du processus scriptural des chercheurs, les LLM redéfinissent les dynamiques de collaboration, les rapports disciplinaires et les régimes de scientificité des productions écrites, donnant naissance à une réflexivité médiée et co-produite par la génération automatique de texte.
Très très long article essentiel où l'on commence par appréhender différentes acceptation de ce qu'est la hogra. À ce propos, l'article (paywall) de Courrier international donne un autre contexte en complément : https://www.courrierinternational.com/article/les-mots-des-autres-hogra-le-mepris-des-plus-faibles
La hogra, c’est le mépris devenu structure, l’humiliation comme méthode et l’inégalité comme matrice politique de l’existence.
Où je découvre Substack, et surtout, j'apprends énormément de chose sur nos cambrousses d'il y a un siècle.
De la mauvaise graine
Avec elle (Louise Tassin), on découvre qu'une partie du personnel en charge de la rétention a connu des trajectoires migratoires similaires à celles des " retenu.es ". Autrement dit : pas d'enfermement des étranger.es... sans l'appui d'une main-d'œuvre immigrée précaire.
Décrivant un roman type de cette mouvance, l’écrivain Hervé Prudon s’en délecte en 1979 :
Mal écrit, mal ficelé. Cheap. Et malsain, sadique, sans coeur ni idéal, plein de meurtres atroces. Vivant, quoi. Goûteux, savoureux, tendre comme un croûton-pistache. Un recueil d’immondices, un pain perdu de pourriture. Mettez votre feuille blanche dans les vieilles chiottes publiques le matin, et revenez le soir. Le monde y est imprimé, sui generis. Authenticité garantie. La vraie vie. Portrait de l’artiste en soupeur2.
Le petit monde des auteurs de bandes dessinées est certes varié et l’on y trouve des profils originaux. Mais il y a fort à parier que celui d’Hubert Maury – officier diplômé de Saint-Cyr, ancien militaire, ancien diplomate – est assez unique en son genre… Reconverti à plein temps dans la BD, Maury donne au compte-gouttes des albums où il puise dans son expérience professionnelle passée pour illustrer de façon extrêmement convaincante les réalités de la géopolitique du sous-continent indien. Ainsi de Le pays des purs consacré aux reportages de la photographe de presse Sarah Caron au Pakistan à la veille de l’attentat de décembre 2007 qui coûta la vie à Benazir Bhutto ou de Dissident Club, Chronique d’un journaliste pakistanais exilé en France, autobiographie de Taha Siddiqui, journaliste d’investigation pakistanais contraint à fuir son pays après une tentative d’assassinat.
Farce flaubertienne, Retour aux souches présente sur le mode de la satire l'extrême droite française. Une caricature aussi percutante qu'hilarante : le parti Grabulement organise une formation pour ses cadres et vous êtes invité. Au programme ? Vacuité et opportunisme qui ne s'encombrent pas de cohérence.
Tiens tiens !!
Plutôt l'acheter que penser pouvoir l'emprunter. Tayo !!
Rita arrive à l’école et voit son fils à terre, un genou de flic sur son dos. Elle tente de comprendre. Que s’est-il passé pour que la police s’acharne ainsi ? La directrice parle d’un « parpaing ». Ce n’était qu’un caillou. Les insultes racistes, elles, ne semblent pas mériter d’enquête. À neuf ans, Mathis n’est déjà plus un enfant : il est noir. « On ne le traite pas comme un criminel, il EST un criminel », lui lance l’un des charmants keufs.
2 bouquins que je me garde sous le coude.