Au Liban actuellement, cette doctrine se double d’un projet d’annexion aux racines historiques profondes: établir une zone-tampon de 40 kilomètres jusqu’au fleuve Litani, qui deviendrait la nouvelle frontière de fait entre le pays du Cèdre et l'État hébreu. La preuve, s’il le fallait, que la stratégie de ce dernier est en train de dériver de l’obsession sécuritaire vers un projet messianique de Grand Israël.
Alors quand le doute s’installe, j’essaie de me souvenir que, prédatrice de l’information, la propagande de guerre passe par la torsion du langage. Que c’est elle qui transforme le bombardement en «élimination», l’occupation en «opération», le civil déchiqueté en «dommage collatéral». Face à elle, l’information ne peut trouver sa justesse que dans le droit sans cesse rappelé, les voix civiles qu’il faut toujours porter, et, pour le peu qu’il nous est donné de faire, trouver ce qu’il reste de mots dans l’humanité des petites choses.
Jette un oeil du côté de la bande-dessinée libanaise et de ses autours, ça en vaut vraiment le coup!
"Pour le numéro anniversaire de Samandal, Raphaelle Macaron, rédactrice en chef, a choisi d’inviter les contributeurs à se pencher sur la question de l’utopie, et à interroger l’idéal esthétique, politique, fictif. Victime en 2010 d’un procès ayant condamné des planches publiées dans le septième numéro (co-édité par l’Employé du Moi) pour ..."